Les Tribulations D'un Ferrariste En Ferraristie
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Cela fait fait désormais deux ans que je parcoure ce Forum sans m'être jamais présenté correctement. Je le lis avec passion (toujours), intérêt (toujours) et amusement (souvent). Jusqu'à ce jour, il m'aurait semblé que publier dans ´le garage des membres´ eut été une usurpation...

Plutôt que vous conter ma vie ou de vous parler de la Ferrari que je n'ai pas encore, je vais essayer de vous faire partager les impressions ressenties lorsque, pour la première fois, on a la chance de piloter - non - conduire une Ferrari. C'est bien évidemment un récit subjectif qui n'a pas de prétention universaliste, mais uniquement de partager - pour ceux qui n'ont pas encore eu cette chance - ou remémorer - pour ceux qui ont déjà eu cette chance - ce que cela fait de tenir le cerceau d'une Diva.

Introduction

La séance s'est déroulée sur le circuit du Luc en Provence (Var) par une belle journée ensoleillée sur une piste bien sèche. La monture est une F430 Rosso - intérieur noir.

I - installation à bord

Loin des clichés entendus ça et là, il n'est pas nécessaire d'être contorsionniste pour s'installer dans le baquet d'une Ferrari - en tous cas une moderne. Certes, c'est bas ! Très bas même. Mais il reste une hauteur suffisante pour caser un bonhomme de taille moyenne. Il m'a même été conseillé de remonter le baquet, même avec un casque surplombant ma silhouette d'un mètre 78. Le baquet (c'est une voiture pour stages de conduites donc devant satisfaire toutes les morphologies) est loin d'etre étriqué, plutôt confortable, réglable électriquement dans toutes les positions.

Le volant tombe bien sous les mains, à bonne distance une fois la longueur des jambes réglée. Sa forme permet une préhension tout à fait agréable à 9h15. Le cuir est de bonne facture semble-t-il, dit autrement ne portant aucune trace des nombreuses mains moites qui l'ont serré.

Le moteur tourne déjà, je n'ai donc pas le plaisir d'entendre le V8 venir à la vie. Il ronronne sur un ralenti bien calé.

Bien qu'on soit bas, la visibilité avant est parfaite, les montants n'apparaissent pas trop épais. La visibilité arrière, dans les rétros extérieurs est juste superbe avec une vue dont j'ai souvent rêvé sur les deux ouïes béantes qui ornent les ailes arrières. Celle dans le rétro intérieur ? Je ne sais pas, je n'ai pas testé !

Pied sur le frein. Pichenette sur la palette de droite par ailleurs facilement atteignable du bout des doigts : pas besoin de retirer les mains du volant, juste tendre l'index et le majeur et paf ! la première est engagée. On baisse le frein à main (assez mal situé il n'invite pas à s'en servir pour faire du drift ;) ) et on effleure l'accélérateur. On a beau doser, la pédale est sensible... Ça secoue un chouille !

Voie des stands. Ça tape un peu. J'en suis surpris n'ayant pas ressenti ce type d'à-coups dans la F348 de l'ami Rusty comme passager.

II - Premier tour

Quand on est un conducteur lambda comme moi n'ayant jamais conduit rien de plus 'sportif´ qu'une Golf Gti, se retrouver avec 490 chevaux dans le dos - ou plus exactement sous le pied - est un peu effrayant. Plein d'appréhensions emplissent l'esprit, la première et plus persistante étant "et si je me fous au tas ?", la deuxième étant "bon, t'es quand même la pour envoyer du bois"...

Bref, on repère les points de freinage, les points d'entrée, de corde et de sortie du virage, on accélère mollo et... On est ridicule à se traîner à 50 km/h. Les trois ou quatre virages qui suivent ne sont pas plus brillants...

Ce qui frappe le plus c'est l'impression que la voiture est vivante : au delà du moteur, il y a plein de bruits techniques : je parle bien des bruits techniques´, pas de rossignols. Là il s'agit de bruits mécaniques très agréables qui s'enchaînent sans fausse note et de manière bien huilée.

Quand enfin arrive la ligne droite, là on n'hésite pas : pied en dedans histoire de se faire plaisir. Un coup d'œil au tachymètre révèle qu'on n'est pas encore un cador : 150 km/h tout au plus.

Et ces 150 km/h sont vraiment décevants. On sait pertinemment qu'on peut aller beaucoup plus vite. La première sensation c'est que la voiture devrait aller beaucoup plus vite : ça sert à quoi d'avoir 490 canassons si on roule pas plus vite que sur l'autoroute (allemande :unsure: ) ?

III - Tours suivants

La confiance vient, le freinage dégressif de plus en plus efficace, les trajectoires se prennent de plus en plus à l'aise, l'accélérateur enfoncé de manière plus franche. Et là tout devient évident : le problème, c'est pas la voiture, c'est le benêt qui la conduit !

Alors on roule de plus en plus vite, c'est de plus en plus propre et donc de plus en plus vite. L'instructeur invite à entrer dedans et la banane grandit exponentiellement !!

On passe les courbes de plus en plus vite : ce qui serait effrayant dans une autre voiture passe facilement : on sent au plus profond de soi qu'on est encore très très loin des limites de la voiture (chose que je n'ai pas ressenti dans la 997 conduite juste avant) et on n'hésite plus à lâcher les freins pour retourner plus tôt sur l'accélérateur. Et alors que l'on monte plus vite plus haut dans les tours, la vitesse devient vraiment jubilatoire et grisante ! Virage à gauche : on enfonce la pédale du frein et la voiture ralenti - vraiment - avant de remettre un filet de gaz en inscrivant proprement la voiture dans le virage. En sortie (bon, en fait un chouille avant) on accélère progressivement (mais quand même pas mal) avant de reprendre comme Alesi ("à fond, à fond, à fond"). Là enfin on entend un peu le moteur, on sent la poussée, on prend un p***** de pied !!!

Et pis y'a les palettes de part et d'autre du volant. Freinage appuyé, on soulage (ce n'est peut être - sûrement - pas orthodoxe mais c'est comme ça que j'ai fait) et on fait ´ping - ping´ sur la palette de gauche. Paf ! deux rapports passés en moins de temps qu'il n'en faut pour l'écrire (même de le dire en fait) : ça c'est un sacré bon moment ! À l'accélération, le principe est le même. J'avoue que sur ce point, c'est une petite déception : je pensais que ça montait plus vite. Sur la F430 que j'ai conduite, j'ai senti un temps de latence entre le moment où j'ai ´cliqué´ la palette de droite et le moment où je retrouvais la puissance sous le pied. N'ai-je pas attendu le régime moteur idéal, n'ai-je pas soulagé ou au contraire maintenu l'accélérateur ? Je ne sais pas et les propriétaires du Forum ne manqueront pas de m'éclairer. Toujours est-il que c'est LA déception que j'ai ressenti sur cette voiture.

IV - Conclusion

On ne va pas tourner autour du Pô (ni autour du pot non plus) : quel pied génialisssime !! J'en avais rêvé, eh bien c'est e-xac-te-ment mieux que que dans mes rêves !! Peut-être (sans doute) est-ce dû à la 430, mais cela m'a semblé hyper facile et hyper jouissif. OK je suis sans doute resté loin des limites de la voiture, mais pas forcément des miennes dans ces circonstances. Et j'ai ´kiffé´ les 5 tours que je me suis offert au volant de mon rêve...

In fine, qu'en ai-je retenu ? L'incroyablissime capacité de cette voiture à passer les virages à une vitesse qui aurait mis toutes les voitures que j'ai conduites avant dans le bac à gravier, la non moins incroyablissime capacité de cette voiture à reprendre de la vitesse comme celle de freiner (toutefois moins qu'à accélérer - mais le fait de tourner non-stop depuis le matin n'y est sans doute pas étranger). L'impression de facilité (bon, je n'ai pas vu les réglages du Manettino qui devait être en mode neuneu) avec une direction qui suit parfaitement les indications du cerveau ce qui est très sécurisant, sans qu'à aucun moment mon postérieur n'ait été en alerte ´le cul fout le camp´.

Ayant conduit une 997 juste avant, la différence m'a semblé immense. La Porsche est une voiture capable d'aller très très vite, mais ni sa remise en vitesse, ni son freinage (et oui moi aussi j'ai tout lu sur le freinage des Porsches) ne m'ont bluffé. Remettant les gaz un peu tôt en sortie de virage, j'ai senti que la miss renâclait (elle déhanche comme une chanteuse de R&B américaine). La Ferrari est vraiment un autre monde, beaucoup plus fin et subtil, un scalpel comparé à un cutter, un sabre laser comparé à une machette...

Jusqu'à ce jour, Ferrari c'était Enzo, Gilles, Michael, la 288GTO, la 250 Passo Corto, la 340 MM, la 599XX... Désormais, c'est une expérience de conduite unique, un prolongement mécanique de ce que le cerveau rêve de faire. Ce ne sont plus que des silhouettes, des courbes et des chiffres, c'est une sensation physique et tactile incomparable. Et je le dis, le répète, j'étais très loin des limites de l'auto !!

Cela a été très bref et il demeure quelques regrets, quelques désappointements : le premier reste la vitesse de montée des rapports, le deuxième est le fait de ne pas avoir opté pour la 458 Italia qui m'a semblé bien plus véloce et dotée d'un son encore plus envoûtant. Les deux plus importants sont mon incapacité à rouler vraiment vite et le fait de n'avoir fait que peu de tours... Mais c'est un rêve devenu réalité et ça, ça n'a pas de prix...

J'ai eu la chance de découvrir le monde Ferrari de la meilleure manière qui soit : en passager sur circuit, en passager sur route ouverte et enfin en conducteur. Mon rêve d'en posséder une n'en est que plus fort mais il est devenu plus réaliste. D'abord assurer l'avenir de mes enfants puis me tourner vers une voiture non pas qui saura me satisfaire - toutes ou presque sauront le faire - mais une dont je serais à même d'exploiter toute la palette de talents : la F355 GTS me paraît plus que jamais un choix judicieux tandis que la 430 Scuderia reste un Graal...

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Superbe récit, la passion est là...

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Tu as l'air bien passioné, content pour toi que ta journee se soit finalement bien passée, comme je te l'ai deja proposé ce matin, si tu veux faire un tour de la mienne, au volant, c'est quand tu veux ;)

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Bravo... Très heureux de te lire... 

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Oliv t'a fait une proposition qui ne se refuse pas! !! En plus avec lui c'est "putain tire encore tu peux monter jusqu'à 9000 trs! !!" Et ça c'est le pied! Bref tu réalise ton rêve quoi! !! Merci encore à tous les membres qui m'ont permis de le faire que ce soit en tant que copilote ou pilote (ou plutôt bleu b*** de la conduite)

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Super ton retour d'expé !

 

J'ai commencé par la F355 GTS pour rentrer dans le saint graal. C'est incontestablement un excellent choix lol

Un desing intemporel...

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Superbe récit, très agréable à lire.

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Benvinguts

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ton récit m'a donné le frisson, il m'a rappelé le jour où j'étais à ta place (sauf que c'était un duo de F355: berlinetta et challenge)

les seuls GROS problèmes, à mon sens, de ce genre d'expérience et que c'est toujours top court et que l'on ressort avec une envie décuplée de la posséder

mais c'est la douche froide arrivé à la maison avec le relevé de compte sous les yeux  :(  :(  :(  :P

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Genial ton post ! Tres bonne idée. C'est un grand plaisir que de te lire.

Et hop ! Un fou furieux de plus...

Et donc tu va partir en chasse ?

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Superbe récit

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Déjà bienvenue à toi.

 

Superbe récit et c'est vrai que c'est un panard incroyable que de prendre le volant d'une Ferrari. La 1° fois mais je te rassure, si la passion est là, à chaque fois, c'est le même bonheur et quand tu descends tu pense déjà à la fois suivante.

 

Après certes il y a des voitures plus nobles que d'autres. Ce sont celles des passionnés les plus riches et ce sont les plus regardées par les tifosi. Mais tu as aussi plein d'autres Ferrari, beaucoup moins onéreuse qui te procure un immense plaisir lorsque tu en prends le volant... et si elle sont tienne, ce n'est que plus fréquent.

Alors en fonction du budget de chacun, lorgner vers une 355 mais aussi, 308i, 348, Mondial ou 308GT4 n'est pas forcément idiot !

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Joli récit qui respire la passion.

La première que j'ai conduite, c'est celle qui un 1/4 d'heure après allait devenir MA Ferrari.

Cela fait 7 ans, et quand je monte a son bord, je sais toujours que je vais avoir la banane pour la journée.

N'hésite pas a franchir le pas. Comme dit David, le prix d'accès au rêve n'est pas si élevé.

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Je tiens sincèrement à vous remercier pour vos messages de bienvenue et d'encouragements. Croyez bien que vous portez tous une part de responsabilité dans cette passion qui m'anime : j'ai subi en venant ici une transfusion qui m'a mis à moi aussi du Rosso dans le cœur !

Comme je l'ai dit, j'ai pour le moment à cœur de me soucier de mes enfants, mais l'objectif Ferrari est bien présent et "One day" j'aurai le plaisir de modifier le titre de ce post de présentation :D

D'ici là j'aurai encore le plaisir de vous lire et - je le souhaite - de rencontrer nombre d'entre vous !!

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Tu as l'air bien passioné, content pour toi que ta journee se soit finalement bien passée, comme je te l'ai deja proposé ce matin, si tu veux faire un tour de la mienne, au volant, c'est quand tu veux ;)

Oliv, comme le dit Don'tSpeed, ta proposition ne peut se refuser et je t'en remercie du fond du cœur.

Sache que je serai déjà ravi de faire ta connaissance lors d'une prochaine sortie Fadarista et comblé si tu m'acceptes en sac de sable ! Passer quelques instants derrière le volant de ta Diva serait la cerise sur un gâteau déjà succulent ! Gageons qu'Exode aura à cœur de nous organiser un événement mémorable dès le printemps ;)

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Post-scriptum : soit on m'a fortement sur vendu la F430, soit la télémétrie des organisateurs était toute pourrie :huh:

Certes j'ai lu ici que les tachymètres made in Italy étaient optimistes mais là !? J'étais en effet persuadé d'avoir passé la barre des 150 km/h, or la télémétrie du film (vous savez, celui où vous avez l'air ridicule avec la charlotte qui dépasse de sous les casque B) ) indique que je n'ai jamais passé les 100 km/h.

Mon cerveau a mentalement converti la télémétrie en miles :ph34r:

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100 km/h au luc meme si ce circuit n'est absolument pas prevu pour une f430 ou une gt3, tu bouffes trop tes consommables, pas assez roulant, tu etais malgres tout vraiment à l'arret, la vmax est d'environ 200 a 210 km/h.

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Oliv, comme le dit Don'tSpeed, ta proposition ne peut se refuser et je t'en remercie du fond du cœur.

Sache que je serai déjà ravi de faire ta connaissance lors d'une prochaine sortie Fadarista et comblé si tu m'acceptes en sac de sable ! Passer quelques instants derrière le volant de ta Diva serait la cerise sur un gâteau déjà succulent ! Gageons qu'Exode aura à cœur de nous organiser un événement mémorable dès le printemps ;)

Y'a une sortie st trop organisee par alain83 en janvier .... On sait jamais si t'es dispo.

Exode je suis pas certain qu'il organise quelque chose :D

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Benvinguts

bienvenue  :P

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Y'a une sortie st trop organisee par alain83 en janvier .... On sait jamais si t'es dispo.

Avec plaisir Oliv... Je guetterai les posts de ton ami !

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Y'a une sortie st trop organisee par alain83 en janvier .... On sait jamais si t'es dispo.

Exode je suis pas certain qu'il organise quelque chose :D

On a juste organisé la plus belle sortie de tous les temps avec le Pat13 début mars cette année, mais c'est vrai que tu ne peux pas en parler tu n'étais pas encore sur le forum bleu bite :D

Et je ne parle pas de celle que j'ai organisée il y a un an... Faudrait pas que ce soit toujours les mêmes qui bossent... ;)

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Et bien BRAVO !!!

 

Ton récit m'a rappelé exactement les sensations que j'ai ressenti à bord  :

1 ) d'une F430

2) de la conduite sur circuit à défaut de'utiliser le terme "pilotage"

 

 

N'ais aucun regret de ne pas avoir opter pour la 458, mais plutôt une très bonne opportunité de recommencer une nouvelle fois mais en 458. Effectivement la différence de passage est flagrante.

 

A voir avec les propriétaire de 355 F1, mais il me semble que les vitesses de passage sur ce modèle sont comment dire.....en rapport avec les performances des boîtes robotisées de ces années, donc bien différentes de la boitoto façon DSG de Wolfsburg ou Ingolstadt (très performantes pour de simples berlines)  de nos jours, et encore bien sur trop éloignée de la 430.

 

En tout cas merci de nous faire partager ces rares instants, et n'oublies pas, il faut croire en ses rêves...

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On a juste organisé la plus belle sortie de tous les temps avec le Pat13 début mars cette année, mais c'est vrai que tu ne peux pas en parler tu n'étais pas encore sur le forum bleu bite :D

Et je ne parle pas de celle que j'ai organisée il y a un an... Faudrait pas que ce soit toujours les mêmes qui bossent... ;)

C'est justement pour ça que j'ai dit que tu n'organiserais rien ;) je sais que tu as organisé des sorties puisque tu ne cesses de me repeter que c'etait les plus belles et les mieux organisees :D :d
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Pour ceux qui n'ont pas envie de lire la prose de l'ex-première-girl friend ou qui attendent la sortie du prochain Clint Eastwood ou ceux enfin qui ont remisé leur Belle dans leur garage, je vous propose un petit voyage dans le temps : je vous propose de parcourir le récit que j'avais fait à mes proches de la super-giga-méga sortie du 11 novembre 2013. Pour mémoire, cette magistrale sortie avait été organisée par Sieur Exode himself. J'avais quant à moi eu le privilège de co-piloter Rusty348...

Bonne lecture

"8h30 lundi 11 novembre. Température glaciale.

Alors que j’arrive dans l’allée, je repère deux silhouettes trapues dont s’émane une fumée blanche. Elles sont deux et n’attendent que moi pour se détendre les bielles : une F430 Bianco Fuji et une 348 Rosso Corsa. Une fois les présentations faites, je m’installe dans mon baquet en cuir noir, ferme la porte, boucle ma ceinture. C’est parti pour une « ballade » de 4 heures…

Première ligne droite d’à peine cent mètres et j’ai déjà le sourire qui s’étend d’une oreille à l’autre. L’accélération a été brutale, le freinage tout autant. Mais elle ne peut se comparer à celle qui suivra peu après dans la bretelle d’accès à l’autoroute. Tout le monde sait qu’on n’accélère pas dans une grande boucle. Sauf que ça c’est valable pour les voitures « normales », pas pour ces super-sportives de la marque au cheval cabré.

J’ai dans mon dos un V8 de 3,4 litres de cylindrée qui envoie 300 chevaux sur les roues arrière. Sous les pieds un châssis issu de la plus noble tradition de la course automobile. La liaison avec le bitume est assurée par des boudins de 255mm de large. Bref, la bête va vite et elle reste collée à la route. Ce n’est que pleinement engagé sur l’autoroute que mon « pilote » va commencer à avoir le pied lourd. L’accélération nous propulse à chaque sortie de péage de 0 à 100km/h en une poignée de secondes (5,4 exactement dixit les tests spécialisés). Tout le monde connait les effets d’un décollage, lorsque l’on sent notre dos plaqué contre le dossier. Là, c’est encore plus violent. Je ressens dans mes intestins la force de l’accélération. C’est vraiment physique… Et encore, je suis installé dans une "mamie" de 23 ans. Son arrière-arrière-petite-fille, passant toujours derrière nous au péage nous rattrape à une allure simplement stupéfiante. Ses 190ch supplémentaires et sa boite de vitesse robotisée qui égrène les rapports en 130 millisecondes, la ramènent dans nos rétros à une vitesse folle. Que penser de la petite dernière qui s’offre encore 115 chevaux de plus et égrène les vitesses en… zéro millisecondes… mais je m’éloigne.

La vitesse sur le ruban à trois voies déserte semble sidérante, j’ai l’impression de n’avoir jamais roulé aussi vite. Ah ben si pourtant… Pas de mystères, cette impression vient du fait que l’on est vraiment au ras du bitume la voiture ne culminant ( !) qu’à 1m17 du sol. Du coup on a le sentiment que le paysage défile plus vite, la moindre Clio doublée apparaît énorme par la vitre latérale… Je suis déjà extatique…

Après une petite heure de route, le point de RdV près d’Aix est atteint. Il fait froid mais la chaleur qui se dégage des moteurs en fait de véritables poêles… Au fur et à mesure que les bolides arrivent, les présentations se font dans la bonne humeur. Les discussions tournent autour des engins qui un à un stationnent pour le plus grand plaisir de ceux qui ont choisi cette journée pour une randonnée à vélo. Les voilà toutes arrivées : 2 Ferrari Testarossa Rosso Corsa avec leur V12 à 180 degrés et leur postérieur callipyge, 3 F430 et leurs courbes sensuelles, 2 360 Modena, une F355 Grigio Nürbürgring, notre 348 et… un Porsche 991 997 GT2, bête de course égarée dans un village. La dernière 360 à nous rejoindre draine dans son sillage deux motocyclettes de la Gendarmerie accessoirisées de leur Pandore de service. Petite tension chez les conducteurs de bolides… Mais non. Les Gendarmes sont également des passionnés : ils viennent voir…

Gentlemen, start your engine !

Au moment où la caravane s’ébranle, les Gendarmes bloquent la circulation pour nous laisser passer… Sortie du village, les deux premiers mettent pied en dedans… Mon pilote ne s’en laisse pas conter et accélère très franchement. La départementale est vide, la visibilité excellente, les vitesses obscènes et parfaitement illégales. Ce premier morceau du parcours est avalé plus rapidement que ne le prévoyait le road-book. Il convient quand même de noter que le convoi s’est désagrégé avec une échappée de 4 voitures dont je fais partie et le peloton… un peu plus loin derrière. Le jeu dure un gros quart d’heure avant que les pilotes têtes brulées ne s’assagissent. J’allais de toute façon demander grâce. Trop vite pour moi. Rappelez-vous : on est à ras du sol et tout défile plus vite. Heureusement, ayant connu mon pilote sur circuit, je sais pouvoir lui faire confiance.

Le reste de la ballade va se dérouler sur des routes de côte comme on sait les faire dans l’arrière-pays varois : des successions de virages plus ou moins serrés et de courts mais vivifiants morceaux de ligne droite entre. Et c’est là que je vais comprendre tout le plaisir de rouler ainsi…

Je prends tous les jours une route assez similaire à celles parcourues ce jour-là et je connais bien les vitesses auxquelles je roule dessus. Là, les vitesses atteintes sur cette fin de ballade restent peu ou prou légales. Mais néanmoins très supérieures aux miennes. A chaque sortie – ou plus exactement avant la sortie de chaque virage – la remise en vitesse est juste stupéfiante. La voiture ne bronche pas. Puis c’est le freinage, brutal. Inscription dans le virage et rebelote, pied à fond sur le champignon… Chaque virage est passé entre 20 et 30 km/h plus vite que moi dans la 106 que je cravachais déjà comme un fou ! Ce n’est que ça pendant une heure trente. Parfois je serre la poignée de porte un peu plus fort, mais dans l’ensemble je pro-fi-te de chaque seconde…

Il faut objectivement être assez fou pour mener ainsi des véhicules dont le prix s’échelonne entre 30 et 130 mille euros. Mais toute passion est de toute façon une sorte de folie…

Clairement, c’est une conduite qui n’est pas de tout repos. Je suis ressorti de là en ayant mal au cou car entre les accélérations – brutales – et les freinages – violents – les cervicales sont mises à rude épreuve. Pour le reste le confort de la voiture est assez exceptionnel. Et puis il y a le reste que je ne saurais mettre en mots. L’odeur, mélange de gaz d’échappement, d’huile chaude, de freins rougis, de cuir… Le bruit, celui du V8 de ma monture, mais également celui des autres V8 (dont la sonorité fluctue au gré des échappements montés sur les voitures – pas tous règlementaires dixit la Maréchaussée). Celui des deux V12 qui pendant un moment seront devant nous. Celui – inimitable – du « clonk » du levier de vitesse sur la grille en alu typique des Ferrari - parfois agrément d'un double-débrayage. Il y a la beauté des lignes des voitures devant nous, voir devant soit les courbes - oui j'ose - sensuelles d'une F355, je trouve ça magnifique... Voir l'arrière train hypertrophié d'une Testarossa (plus de 2 mètres de large) occuper la route... Il y a - aussi - une forme d’admiration pour ces types qui arrivent à maîtriser de telles puissances…

Cette belle échappée se termine au Castellet autour d’un excellent repas, d’un vin délicat et d’une vue sur la mer de toute beauté.

Le retour, là encore par les petites routes, ne sera qu’une formalité réglée en trente minutes…"

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Superbe retranscription d'un passionné ;)

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